Au sommaire du n°101 :

  • PPCR – revalorisation des carrières : les promesses n’engagent… que ceux qui les écoutent !
  • Et dans le même temps… l’impôt de solidarité sur la fortune
  • Le chiffre : « 0 » régime sec

PPCR – revalorisation des carrières : les promesses n’engagent… que ceux qui les écoutent !

La CGT s’est opposée au PPCR quand plusieurs syndicats, notamment de l’enseignement privé, y apportaient leur soutien. Ils nous expliquaient à l’époque qu’il s’agissait d’une avancée, en prenant pour argent comptant les promesses gouvernementales.
Nous insistions en 2016 et début 2017 sur le fait que le PPCR ne pouvait pas remplacer une réelle augmentation immédiate des salaires et qu’il pourrait être remis en question par les gouvernements suivants. La suite de l’histoire l’a confirmé.
Dans notre diaporama d’octobre 2016, intitulé «ne pas être dupe des effets d’annonce», nous faisions deux avertissements :
« Attention ! Ce calendrier prévisionnel est soumis aux aléas des changements gouvernementaux. » et plus loin « Les indices pour 2019 dépendront du respect de ce protocole par les prochains gouvernements … ».
Nous développions cette idée : « Il est bien difficile de prévoir l’effet réel des revalorisations indiciaires sur les salaires parce que c’est la valeur du point qui est déterminante. Si la valeur du point est de nouveau gelée pendant des années, non seulement nous ne gagnerons rien, mais nous y perdrons en pouvoir d’achat. C’est bien le choix antisocial qui a été fait par G.Darmanin et E. Macron aujourd’hui !« 

Nous poursuivions notre raisonnement en écrivant : « Il est bien difficile aussi de prévoir l’effet réel sur les salaires pour une carrière d’une quarantaine d’années parce que :
– Rien ne garantit que les gouvernements suivants la respecteront ;
– Rien ne garantit que la crise de l’économie mondiale ne se traduira pas par une augmentation de l’endettement des Etats, par une inflation forte, par une dévaluation monétaire…
– Bref, les indices ne nous garantissent pas grand-chose si nous ne posons pas clairement des revendications de salaires chiffrées. »

Dans notre 4 pages de janvier 2017, nous indiquions dans le tableau présentant les évolutions d’indice : « Les évolutions annoncées ci-dessous sont évidemment conditionnées à leur respect par les futurs gouvernements, ce que rien ne garantit ! » et un peu plus loin « Il faut le répéter : ce calendrier prévisionnel est soumis aux aléas des changements gouvernementaux. »

Il n’y a rien à ajouter à ces analyses.
Aujourd’hui, la valeur du point est de nouveau gelée. L’application d’une partie du PPCR est repoussée… et rien ne dit qu’elle ne sera pas tout simplement annulée… au nom du remboursement de la dette et de la relance de l’économie. 
Pour la CGT, seule une réelle augmentation de salaire, estimée à 400 euros mensuels, permettra de revaloriser notre situation…

Et dans le même temps… de l’ISF

L’impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) sera fortement diminué pour les contribuables les plus aisés. Mais pas pour vous qui lisez ces lignes…

Comme un mauvais clin d’oeil, cet allégement (ben oui, les impôts, c’est une « charge » qui pèse lourdement sur le dos des plus riches, il faut donc l’alléger) représente 400 millions d’euros. Le même chiffre que l’effort demandé aux étudiants avec la baisse des APL de 5 euros par mois. Bref, on prends d’une main 5 paquets de coquillettes aux millions d’étudiants qui se nourrissent ainsi, et l’on donne de l’autre 400 000 euros (une très belle maison) aux 1000 français qui vont bénéficier de la mesure. C’est pas juste ? Bande de jaloux…

C’est que ces 1000 français très riches, ils vont sans doute utiliser cet argent pour investir dans notre économie (enfin, on l’espère), et ainsi permettre de la relancer.

Question bête (les profs, ça ne se refait pas) : est-ce qu’il ne serait pas plus « efficace » de redistribuer l’argent aux moins aisés, ceux dont on est sûr qu’ils n’iront pas le cacher dans des paradis fiscaux ?

Le chiffre : 0

C’est, encore une fois, le régime sec auquel seront soumis les agents publics pour 2018.
C’est le retour du fameux « gel du point d’indice ». En résumé, un·e enseignant·e qui débute sa carrière aura strictement le même salaire que son collègue de l’année précédente, malgré la hausse générale des prix (l’inflation) d’une année sur l’autre. Conséquence évidente, cela conduit à une perte de pouvoir d’achat. La Banque Centrale Européenne (BCE) prévoit pour la France une hausse de 1,2% des prix pour 2018. Rien que pour cette année, cela revient donc à une perte sur l’année équivalente à près de 300€ pour chaque enseignant·e.
Si l’on cumule avec le retour du jour de carence, le bilan moyen devrait avoisiner les 500 € de pertes sur 2018. De quoi financer plusieurs jours de grèves, qui auraient manifestement évité ce flot de reculs pour notre profession !

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