Brest Matrimoine – Les Femmes qui militent sont dangereuses ?

25 novembre 2019

 

Comme si cette date était devenue secondaire, la préparation de cette journée contre les Violences faites aux femmes a été laborieuse à Brest mêm’ (1)

L’année du décompte des féminicides de « Nous Toutes », ce n’est qu’à la dernière minute que quelques militantes annoncent un rassemblement pour le lendemain.

Il est alors clair que, pour le 8 mars, ce doit être plus sérieux. Il faut arrêter de gérer les questions féministes à l’arrach’ (1).

(1) Patois brestois

Contexte favorable

Nous sommes alors en plein mouvement des retraites. Les occasions de se voir entre militantes syndicales sont fréquentes.

Durant les vacances de décembre, c’est d’ailleurs l’organisation d’une rencontre intersyndicale « vin chaud avec les Brestois·es » qui nous décide. On se cale une réunion à la rentrée de janvier, on s’organise entre CGT-FSU-Solidaires et on appelle les organisations politiques et associatives à discuter « 8 mars ».

La seconde réunion rassemble une trentaine de militantes appartenant – ou pas – à environ une dizaine d’orga (du CIDFF aux Gilets Jaunes en passant par le Planning Familial, le PCF ou l’UCL).

Afin de clarifier ce qui nous rassemble, on élabore un texte de revendications qui est ensuite diffusé sur les réseau sociaux par le biais de visuels graphiques : le Collectif des Brestoises pour les Droits des Femmes est né.

Épaulées par des artistes, notamment La Fanfare Invisible, nous répétons Le chant des Sardinières, L’Hymne des Femmes et El violador eres tu (avec choré !).

Orga féministe ?

 

Pour permettre à chacune de gérer au mieux la charge mentale qu’elle supporte en tant que femme, on se met d’accord sur plusieurs points.

  • Question orga, on limite nos réunions à 60-90 minutes, on change à chaque fois de jour de la semaine et on restreint nos échanges par mails au strict nécessaire.
    Chaque point est travaillé d’une réunion à l’autre en binôme/trinôme.
  • Question relationnel, pas de tirage de maillots entre nous. On milite ensemble et non les unes contre les autres.

Le résultat est probant. Les discussions sont extrêmement efficaces.
Au fil des rencontres, ce mode de fonctionnement permet la mise en place d’une liste de diffusion, d’une page FB, d’un compte Instagram et d’un planning jusqu’au 8 mars.

8 mars 2020

Il en découle que la journée du 8 mars est une vraie bouffée d’oxygène : à l’appel BDDF, deux cents femmes chantent, dansent et déambulent ensemble dans la ville

Articles : 
Le Télégramme
Ouest France

Huit jours plus tard, le confinement est instauré.

Il n’y a évidemment pas de lien direct entre les deux faits. Pour autant, c’est justement cette période de confinement qui nous a entraînées à continuer le travail BDDF.

D’abord, en direction des femmes victimes de violences par le biais d’affiche et visuels.

Ensuite, grâce à la ténacité de l’une d’entre nous, la plasticienne Marie-Claire Raoul, nous nous lançons dans un projet de Journées du Matrimoine intégrées aux journées européennes du patrimoine des 19/20 septembre 2020.

19/20 septembre : journées du Matrimoine

Un thème : l’invisibilité subie par les femmes.

Le programme des journées du Matrimoine 
- par la mairie de Brest 
- par le CBDDF

Deux volets matrimoniaux essentiels :

  • Une partie artistique élaborée par Marie-Claire et une partie historique portée par la CGT. Le musée des beaux-arts de Brest nous prête des œuvres de femmes. Elles sont exposées en lien avec le travail féministe de Marie-Claire qui anime en plus un atelier.
  • Parallèlement, et avec notamment le soutien financier de la FERC, nous élaborons une exposition de 18 panneaux mettant en perspective l’histoire de la Maison du Peuple de Brest et le militantisme de Finistériennes du 18e à nos jours.

La fin d’après-midi du samedi est consacrée à la mise en lumière de la militante Simone de Bollardière que nous proposons de mentionner aux côtés de son militant de mari Jacques de Bollardière dans le nom du square situé en face de la Maison du Peuple.

Question soirée :

Le dimanche après-midi, nous terminons avec une soixantaine de participant·es par une reprise des chants travaillés pour le 8 mars aux cotés de La Fanfare Invisible.

Ce qu’on retient

Le plus facile a été de travailler entre militantes du CBDDF. L’organisation menée collectivement est extrêmement efficace.

Le plus compliqué sans doute : faire comprendre et admettre notre démarche aux camarades hommes.

Invisibles les femmes ? Pas cette fois !

Réseaux sociaux :
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