Les remplaçant·es mis au chômage avant la fin de l’année scolaire

 

Alors que le ministère assure tout faire pour remplacer les enseignant·es absent·es, le rectorat de Rennes impose aux remplaçant·es exerçant dans l’enseignement privé sous contrat de partir en « vacances » avant les élèves. 

En effet, par une note réglementaire datant du 1er janvier 2022, le bureau du remplacement de la DPEP (Division des Personnels des Établissements Privés) demande aux chefs d’établissement du second degré de terminer les contrats de remplacement avant le départ des élèves en vacances. A partir du 20 mai pour les lycées professionnels, à partir du 17 juin pour les lycées généraux et techniques et à partir du 24 juin pour les collèges. En conséquence, une partie des cours ne seront plus assurés aux élèves

L’autre conséquence un renforcement de la précarité pour les enseignant·es les plus précaires de l’Éducation nationale. En effet, dans l’enseignement privé, les remplacements sont effectués par des enseignant·es contractuel·les embauché·es en CDD, qui alternent les périodes d’emploi et de chômage au gré des absences de leurs collègues. Ces enseignant·es sont particulièrement touché·es par le nouveau mode de calcul des allocations chômage mis en place par Elisabeth Borne lorsqu’elle était ministre du Travail. La prise en compte des périodes non travaillées dans le calcul des allocations conduit à pénaliser les personnes n’ayant pas travaillé de manière continue.

Bien loin des discours ministériels médiatiques invoquant la priorité donnée à l’Éducation, le rectorat de Rennes assume totalement cette décision invoquant des contraintes budgétaires et occultant totalement l’humain. 

Ces décisions n’ont pas été communiquées aux premiers intéressés qui se sont demandé pourquoi leur contrat se terminait si tôt. C’est le cas par exemple d’Arnaud, qui enseigne l’espagnol au collège N.D. Campostal e Gouarec de Gourin. Alors qu’il remplace un·e enseignant·e absent·e depuis le 28 septembre, il s’est fait remercier vendredi dernier, 24 juin 2022.

La CGT enseignement privé dénonce le manque de moyens accordés pour les remplacements dans l’enseignement privé sous contrat. Nous dénonçons également le recours massif aux contrats précaires pour assurer ces remplacements. Dans l’académie de Rennes en 2020, 12% des enseignants étaient non titulaires. C’est pourquoi nous demandons que dans l’immédiat que :

    • les contrats des enseignant·es soient prolongés jusqu’aux vacances.
    • le niveau de rémunération des nontitulaires soit aligné sur les enseignant·es non titulaires de l’enseignement public.

Pour assurer la continuité du service public de l’éducation dans des conditions acceptables pour les enseignant·es remplaçants que :

    • soit mis en place des pools de titulaires remplaçant·es comme c’est le cas dans l’enseignement public.
    • l’ensemble des enseignant·es précaires soient titularisé·es sans conditions.
La CGT enseignement privé Bretagne
Le 27/06/2022 à Brest
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